Chambers' Day à Genève: tirer au mieux profit de la fintech

Mardi 26 novembre, la Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève organise une conférence rassemblant la plupart des chambres de commerce du pays. Il y sera question de technologie, du blockchain. Un thème sera aussi incontournable: la Chine



Stéphane Bussard (contribution du Temps au Geneva Observer et Philippe Mottaz - The Geneva Observer twitter @stephanebussard @pmottaz

Le 23 novembre 2019


Actualité




La fintech peut-elle contribuer à réinventer la place des affaires lémaniques? Comment et pourquoi les entreprises doivent réfléchir à l’impact des blockchains ? Que peuvent apporter les chambres de commerce aux entrepreneurs ? Une foule de questions qui seront abordées ce mardi à Genève lors du Chambers’ Day 2019. Une conférence organisée par la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG) en collaboration avec les chambres de commerces binationales France-Suisse, Italie-Suisse, British-Swiss et Suisse-Chine. Quelques-unes des 19 chambres de commerce cantonales et régionales seront présentes.


A l’heure où le protectionnisme refait surface et où la révolution numérique change radicalement la donne de l’économie, les milieux économiques jugent nécessaires de partager leurs expériences. Pour le patron de la CCIG Vincent Subilia, c’est aussi un moment où Genève se profile comme capitale de la gouvernance économique internationale. Sont notamment représentés au Chambers’ Day l’Organisation mondiale du commerce, le Centre du commerce international et la Chambre de commerce internationale, laquelle célèbre ses 100 ans d’existence.


Genève, qui aspire à être la capitale de la gouvernance économique mondiale. Photo: Fabrice Coffrini/ AFP

Directeur général de la CCIG, vieille de 154 ans, Vincent Subilia le souligne : « Nous avons un nombre inégalé de chambres de commerce sur sol suisse, une cinquantaine. La plus récemment créée est la Chambre Suisse-Sao Tomé-et-Principe. » Une création qui peut surprendre, Sao Tomé-et-Principe étant le deuxième plus petit Etat d’Afrique. Le Département fédéral des affaires étrangères le précisait voici deux ans : les échanges économiques entre les deux pays « sont pratiquement inexistants ». Et pourtant. Le directeur de la CCIG relève que la Suisse y a désormais des intérêts en termes de développement durable, de diffusion de la technologie suisse et d’activités hôtelières.


Air China va accroître son nombre de vols vers la Suisse


Mardi à Genève, le Chambers’ Day cherchera à démontrer une nouvelle fois l’utilité pratique des chambres de commerce qui portent un regard critique sur la politique tout en se présentant comme les porte-drapeau de l’économie. Ces jours-ci à Genève, la CCIG s’attèle par exemple à combattre une initiative populaire exigeant une reprise en main et un pilotage démocratique de l’aéroport de Cointrin. Vincent Subilia rappelle que son organisation a été pionnière dans la certification des marchandises vouées à l’exportation par l’instauration de carnets ATA, documents internationaux pour l'admission temporaire de biens de consommation durables en franchise de redevances. « Nous poussons à la digitalisation de nos prestations. En coordination avec les douanes suisses, nous développons une application pour faciliter les exportations », insiste Vincent Subilia.


Comme vice-président de la Chambre de commerce Suisse-Chine fondée par l’ex-ambassadeur de Suisse en Chine Uli Sigg, le directeur de la CCIG n’élude pas un thème qui s’impose, surtout dans un événement comme le Chambers’ Day. Pour lui, commercer avec la Chine, troisième partenaire économique de la Suisse est incontournable. Ce d’autant que les deux pays sont liés par un traité de libre-échange. Dans ce sens, les échanges se renforcent. Air China va augmenter de 25 à 30% la fréquence de ses vols vers la Suisse et Genève. «Genève est aussi l’une des rares villes abritant trois ambassadeurs chinois », s’enthousiasme Vincent Subilia dont le grand-père fut l’un des premiers professeurs étrangers à l’université de Pékin. Il s’inscrit d’ailleurs en faux contre l’impression véhiculée en Occident selon laquelle l’initiative des nouvelles routes de la soie ne serait qu’une projection du pouvoir chinois. Les entreprises suisses ont un vrai intérêt dans ces investissements pharaoniques dans des infrastructures. Elles peuvent même y voir des liens avec d’autres projets infrastructurels dans des régions comme l’Asie centrale. A ce titre, Murat Seitnepesov, responsable de la Caspian Week, un événement organisé désormais dans le cadre du Forum économique de Davos, sera mardi au Chambers’ Day pour mettre en lumière les perspectives économiques de la région de la Caspienne.


Eviter la diabolisation


Entre pouvoir politique autoritaire et économie capitaliste ouverte, le champ de tension est patent. Vincent Subilia a conscience des critiques émises sur la Chine. Mais il prévient : « Il faut éviter de basculer dans la diabolisation. Le lien des entreprises suisses avec la Chine sont évidents. A Genève, le secteur de l’horlogerie et de la joaillerie sont en croissance même si des inquiétudes se font jour quant à l’avenir de Hongkong, la tête de pont du secteur. » Personne ne sait à ce stade si Hongkong restera le pôle économique de la Chine ou si son statut d’autonomie censé perdurer jusqu’en 2047 connaîtra une fin prématurée. Quoi qu’il en soit, longtemps première destination des montres suisses, Hongkong vient de glisser en troisième position après les Etats-Unis et ...la Chine.


Des négociants ainsi que des armateurs basés à Genève entretiennent aussi des relations étroites avec le marché chinois. Parlant de Genève, Vincent Subilia en est convaincu : «Nous avons tout pour bien faire; encore faut-il le faire. »


Note: Le Geneva Observer est parmi les partenaires média du Chambers'Day

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